Voilà un site que nous rêvions de découvrir, le Wadi Rum. Un des plus beaux déserts du monde. Canyons, arches naturelles, falaises impressionnantes. Ses dunes multicolores jouent au caméléon et évoluent au fil de la journée. Tantôt ocre, tantôt dorées, elles se parent d’un rouge flamboyant au coucher du soleil. Ce petit bout de terre  nous a offert ce qui commence à devenir rare: un accueil des plus chaleureux et des paysages grandioses. Trois jours en itinérance dans ce désert que nous ne sommes pas près d’oublier…

Notre expérience de 3 jours en bivouac dans le désert du Wadi Rum

Jour 1 | Première soirée à la belle étoile dans le Wadi Rum

Le village de Rum

Après s’être enregistré au Visitor Center, nous roulons en direction du village de Rum. Six kilomètres nous séparent de l’entrée de l’un des plus beaux déserts du monde.

Jordan

Situé à l’extrémité sud de la Jordanie, près de la frontière Saoudienne,  ce site si particulier est inscrit depuis 2011 au patrimoine mondial de l’UNESCO. Etendu sur près de 720 km2, ce n’est pas sa taille mais ses falaises de grès qui ont fait la renommée du Wadi Rum.

Façonné années après années par l’eau et le vent,  ce paysage de plaines sablonneuses, de canyon et d’arches rocheuses lui vaudra le surnom de « vallée de la lune ». Pas étonnant que Ridley Scott’s ait utilisé ce décor comme toile de fond du film Seul sur Mars.

Nous retrouvons Metab, notre chauffeur-cuisinier, et notre guide Houssam pour les 3 prochains jours de bivouac. Les présentations faites, nous prenons place à bord d’un pickup fatigué.

En traversant le village de Rum nous découvrons une ville en devenir qui n’a rien d’engageant. Les routes ne sont pas entretenues, des carcasses de véhicules abandonnés rouillent le long des trottoirs et de nombreux bâtiments sont encore en chantier. Nous récupérons les provisions pour notre séjour et quittons ce village qui a peu d’intérêt.

La rencontre avec le désert du Wadi Rum

Dans le rétroviseur, le village de Rum s’éloigne peu à peu alors que nous nous enfonçons au cœur du désert. Avec les dernières lueurs du jour,  le soleil enflamme le sable et révèle le relief singulier de la roche. Le spectacle est sublime.

wadi rum

Il fait désormais nuit et le temps semble s’être arrêté. Metab monte le camp du soir au pied d’une falaise alors que nous faisons connaissance avec nos compagnons de voyage.

Il est temps de dîner et dégustons un gigantesque zarbe au poulet et aux légumes accompagné de shrak, le pain bédouin. Atallah, le gérant de l’association, nous rejoins pour le thé. Il nous offre des pâtisseries locales et nous discutons un bon moment autour du feu. Entre blagues et anecdotes sur la vie des nomades, nous passons une soirée agréable et conviviale.

La lune s’est levée et illumine le canyon. Nous restons confondus devant ce doux clair-obscur qui révèle le relief et l’immensité du désert. Allongés sur le sol, nous comptons les étoiles au rythme de notre cœur. Nous fermons les yeux dans une nature qui se repose en silence.

Wadi rum

Jour 2 | Les sites incontournables du Wadi Rum

L’aube fait naître une atmosphère magique et mystérieuse. Le soleil se lève et réveille l’horizon qui se pare de mille couleurs. Rose, orange, doré, il sort sa plus belle palette et réchauffe la roche qui nous entoure.

Après le petit déjeuner, Houssam nous propose de découvrir les environs et nous entamons une marche dans un paysage aride ponctué de statues de grès. Si le lieu est magnifique, l’eau se fait rare et nous rappelle à quel point elle est précieuse dans cette région aride.

Le Siq de Khazali

Nous longeons un pan de roche puis nous nous engouffrons dans une étroite faille, le siq de Khazali. Encaissé au pied de parois atteignant plus d’une centaine de mètres haut, le sol est tapissé de sable, de pierres et de rochers. Par endroit, le canyon ne dépassent pas un mètre de large et certains passages nécessitent du doigté.

 Le siq débouche sur un vaste plateau qui surplombe le désert. Le panorama est magnifique.

Mushroom Rock

Metab nous rejoins et nous propose de grimper sur le toit de notre fidèle destrier. Direction le Mushroom Rock, une formation rocheuse qui prends son nom par sa forme si caractéristique.

Si ce bloc est photogénique, c’est également un terrain de jeu idéal pour notre guide qui s’avère être un grimpeur chevronné.

Le soleil devient écrasant et nous nous abritons à l’ombre pour déjeuner  et faire une sieste revigorante.

Jabal Umm Fruth Bridge

Après quelques verres de thé, nous empruntons un sentier accidenté en direction d’une arche naturelle, Jabal Umm Fruth. Le passage est technique et nécessite d’escalader de nombreux blocs mais les paysages que nous traversons sont sublimes.

Jabal Umm Fruth est l’un des ponts de roche les plus célèbre du Wadi Rum avec le Little bridge et le Burdah rock bridge. Perché à une quinzaine de mètres au dessus du vide, il offre une vue imprenable sur les montagnes jaunes de l’Um Fruth. Si le site est unique, il est aussi très fréquenté et le ballet incessant des 4×4 gâche la tranquillité du lieu. Pour le découvrir, il faudra donc attendre la fin de journée. 

Coucher de soleil au point de vue de l’Um Fruth

Le soleil se couche et nous entamons une course contre la montre pour assister au spectacle que nous attendions tant. Arrivé au sommet d’une dune qui fait face à l’immensité du désert, nous ressentons tous une intense sensation nous traverser. Tout le monde contemple en silence ce lieu vaste et vibrant.

Alors que la lumière décline, une fine brume enveloppe cet univers minéral. La roche se détache peu à peu de l’horizon et fait apparaître siqs étroits, larges wadis, jebels sculptées par l’érosion… Quel que soit l’endroit ou notre regard se pose, le paysage est extraordinaire et apaisant. 

En chemin vers notre campement nous ramassons du bois pour alimenter le feu autour duquel nous nous réunirons pour dîner. Ce soir Metab prend son luth et fredonne des chants traditionnels qui vont droit au fond de l’âme. 

En pleine nuit, nous sommes réveillés par un chameau qui blatère. La lune a levé son voile et nous avons la chance d’observer la voûte céleste constellée d’étoiles. Le ciel est d’une rare pureté dans cette région et semble infini. Nous nous perdons un long moment dans l’immensité de l’univers  puis nous rendormons dans un silence absolu.

Jour 3 | Vers la frontière saoudienne –  Djebel Umm ad Dami

C’est assez magique de se réveiller tous les matins dans un lieu différent. Au lever du soleil le décor est une fois de plus fabuleux! Nous avons hâte de démarrer la journée mais nos bédouins des temps modernes ont l’air d’aimer les grasses matinées…

Nous avons enfin levé le camp et parcourons quelques kilomètres avant d’atteindre l’entrée d’un nouveau canyon. Aujourd’hui la chaleur est accablante et la marche n’a rien d’agréable. Malgré la beauté des paysages, nous n’éprouvons aucun plaisir et ne pensons qu’à une chose : se mettre à l’ombre et nous désaltérer.

En préparant le repas, nous en profitons pour échanger longuement avec nos hôtes. Autrefois, les tentes tissées en poil de chèvre (beit esh-sha’ar) étaient plus nombreuses. Se déplaçant au fil des saisons et de la pâture, les bédouins élevaient des chèvres et des chameaux. 

Mais la sécheresse a rendu la vie nomade plus difficile. Les points d’eau s’étant raréfiés, les troupeaux peinent à se nourrir.  En parallèle, le tourisme s’est développé et a amené avec lui les tentations du monde moderne. Il est donc devenu compliqué de s’éloigner du village de Rum.

Quelques incorruptibles comme le père de Houssam vivent encore ici une majeure partie de l’année. Attaché à sa terre et à ce mode de vie rude mais authentique, il y passe près de la moitié de l’année. S’il se déplace désormais en 4×4, pour lui, pas besoin de GPS! Se repérant grâce aux montagnes, à la couleur du sol et aux étoiles, il connait tous les recoins de sa maison le désert.

Quand à Metab, bien que connecté avec son smartphone, il ne quitterait la région pour rien au monde… c’est le meilleur endroit pour lui! Il compte y fonder une famille et continuer à partager avec les visiteurs du monde entier l’héritage de ces ancestres.

Djebel Umm ad Dami

Après déjeuner, nous prenons la direction de la frontière sud du pays. Nous marchons une petite heure puis atteignons un point de vue où nous observons le point culminant de la Jordanie, le mont Djebel Umm ad Dami. Avec une altitude de 1 854 m, il constitue le dernier rempart naturel avant l’Arabie Saoudite.

Wadi ram

La fin du séjour approche et nous savourons chaque minute qui passe. Nous traversons un canyon puis atteignons un belvédère duquel nous pourrons admirer un dernier coucher de soleil sur ce labyrinthe de roche.  

Dans un ultime flamboiement, le soleil disparaît. Nous cherchons Metab et Houssam qui semblent s’être cachés par pudeur. Durant ces quelques jours, nous avons tissés des liens sincères avec ces rois du désert. Après une longue accolade, nous laissons derrière nous leurs silhouettes élancées et leur keffieh rouge et blanc.

C’est le cœur gros que nous retournons vers la civilisation. Sur la route, nous nous remémorons les regards, les rires, les chants… sans oublier ces moments simples à parler du feu, de l’eau et du vent. Si les paysages du Wadi Rum sont exceptionnels, ils ne seraient rien sans l’âme de ses bédouins éternels.Une pensée sincère à nos compagnons de voyage sans qui l’aventure aurait été moins fun : Guilhem & Caroline, Anna & John, Marion & Thomas, Anh Claire et Alex

Informations pratiques pour découvrir le désert du Wadi Rum

Quand aller dans le désert du Wadi Rum

Deux saisons sont propices à la visite de la Jordanie : le printemps et l’automne. Bien que le désert soit accessible toute l’année nous vous conseillons de le visiter sur ces périodes pour éviter les tempêtes de sable, les crues et les trop fortes chaleurs.

  • Au printemps (de mars à fin mai), les amplitudes thermiques entre le jour et la nuit sont importantes et vous serez en pleine saison touristique.
  • A l’automne (de septembre à novembre), les amplitudes thermiques et la fréquentation sont moindre.

En ce qui nous concerne, nous étions sur place début Octobre (juste avant le pic touristique de l’automne) et le temps était idéal. Si vous êtes sur place, la météo locale est par ici, les webcams c’est par là.

Combien de temps rester dans le désert du Wadi Rum ?

Lorsque l’on planifie un voyage en Jordanie, la question « Combien de temps rester dans le désert du Wadi Rum ? » se pose inexorablement.

La réponse dépend bien sûr de la façon dont vous souhaitez vous déplacer dans le désert (en 4×4, en chameau, à pied) et des activités que vous voudrez effectuer sur place (farniente, randonnée, trek ou escalade).

2 ou 3 jours pleins sur place nous semblent le minimum pour profiter de l’atmosphère et des paysages variés que réserve le Wadi Rum. Cela vous permettra aussi de partager plus de moments avec les bédouins. Nous y sommes resté 3 jours et avons regretté de ne pas pouvoir prolonger une nuit de plus…

Si vous manquez de temps, de nombreuses agences vous proposeront une excursion à la journée ou une nuit dans un camp en dur mais l’expérience sera totalement différente, tourisme de masse oblige : on en parle plus bas.

Si en revanche vous désirez effectuer un trek, il faudra compter entre 3 et 5 jours en fonction de votre itinéraire.

Comment se rendre au désert du Wadi Rum?

Se rendre au désert du Wadi Rum depuis Pétra

  • En voiture de location : 110 km séparent Pétra et le désert du Wadi Rum, soit environ 1h30 de trajet. Le village de Rum se situe 6km après le Visitor Center.
  • En taxi : un taxi depuis Pétra coûte environ 30 à 35 JOD
  • En bus : tous les jours, un bus effectue la liaison depuis Petra pour 5-10 JOD par personne.

Se rendre au désert du Wadi Rum depuis Aqaba

  • En voiture de location : 65 km séparent Pétra et le désert du Wadi Rum, soit environ 1h de trajet. Le village de Rum se situe 6km après le Visitor Center.
  • En taxi : un taxi depuis Aqaba coûte environ 20 à 25 JOD
  • En bus : tous les jours, un bus effectue la liaison vers Aqaba pour 5-10 JOD par personne.

Se rendre au désert du Wadi Rum depuis Amman

  • En voiture de location : le trajet dure environ 4h de trajet par la Route du désert (300km) et 5/6h de trajet par la Route des Rois (350km). Le village de Rum se situe 6km après le Visitor Center.
  • En taxi : un taxi coûte environ 80 JOD
  • En bus : aucune liaison directe. Il faudra passer par Petra ou Aqaba.

Est-ce que l’on peut laisser en sécurité sa voiture au village du Wadi Rum?

A l’entrée du village sur la droite, un immense parking permet de garer gratuitement son véhicule. Officiellement le parking n’est pas gardé mais nous n’avons pas eu de déconvenues ni observé de verre brisé sur le sol. Ne tentez pas le diable et ne laissez rien traîner mais, compte-tenu de l’honnêtetédésarmante des Bédouins, vous pourrez partir l’esprit tranquille.

La carte de la région du Wadi rum

>> Vous trouverez ICI la carte du désert du Wadi Rum et de ses sites principaux <<

Que mettre dans sa valise pour passer une nuit à la belle étoile dans le désert du Wadi Rum?

  • Un chapeau / casquette et de la crème solaire car le soleil est puissant dans cette région aride.
  • Des vêtements longs, légers et confortables pour vous protéger du soleil lors des excursions
  • Des chaussures de randonnée
  • Un pull ou une polaire si la nuit devient fraîche
  • Une lampe de poche ou idéalement une frontale qui vous sera bien utile le soir pour chercher du bois ou faire une pause technique
  • Un sac plastique pour y consigner vos déchets et notamment le papier toilette
  • Des lingettes et une brosse à dent pour la toilette du matin
  • Un petit sac à dos pour prendre avec vous vos effets personnels lors des balades en journée
  • Un sac à viande pour rester au chaud la nit

Quelle agence choisir pour découvrir le désert du Wadi Rum ?

Du bédouin indépendant aux Tours Operators en passant par les hôtels et agences locales jordaniennes… Le moins que l’on puisse dire, c’est que ce ne sont pas les prestataires qui manquent pour découvrir le Wadi Rum!

Nous nous sommes donc armés de patience et avons parcouru un nombre de forums impressionnant avant de nous faire notre opinion sur le sujet. La plupart proposent des expériences « authentiques » dans le cœur du désert et pléthore d’activités mais au final, malgré les différences de prix et les efforts marketing fournis, tous vendent plus ou moins le même circuit!

Concernant les bivouacs, ce qui nous a dérangé le plus ce sont les photos de camps en dur, de tentes ultra-design et même de bulles transparentes pour observer les étoiles depuis son lit. On ne va pas se mentir, ces hébergements sont super tendance et offrent tous le confort moderne au milieu de nulle part. Cependant ils nous ont semblé en totale contradiction avec le mode de vie des Bédouins, le respect du site, et ce que l’on cherche « normalement » lorsque l’on part dans le désert : se ressourcer, se recentrer, être en harmonie avec la nature et se contenter de peu.

C’est donc naturellement que nos recherches se sont concentrées sur du tourisme éco-responsable. Notre choix s’est porté sur une petite structure,  l’association Wadi Rum Jordan Guide (Beduin Friends). Dirigée par des bédouins de la tribu Al Zlabiah, Atallah Dakhilala et ses frères proposent des séjours en petits groupes, hors des sentiers battus et loin des camps bétonnés qui se situent à l’entrée du site. Pile ce que nous recherchions!

Combien coûte une excursion en bivouac dans le désert du Wadi Rum?

Combien coûte l’entrée au Wadi Rum?

Arrivé au Visitor Center du Wadi Rum, il faut s’arrêter pour se déclarer aux autorités et payer les droits d’entrée. Ils s’élèvent à 5 JOD par personne mais sont inclus dansle Jordan Pass.

Combien coûte un guide pour visiter le Wadi Rum en bivouac?

Le Wadi Rum est une zone protégée. Il est donc nécessaire d’être accompagné d’un guide Bédouin pour le visiter. L’association Wadi Rum Jordan Guide propose deux formules :

  • 60 JOD par personne et par jour avec un guide chauffeur-cuisinier
  • 75 JOD par personne et par jour avec deux guides dont l’un vous accompagnera lors de vos excursions ou ascensions

Si les prix semblent plus chers que la concurrence, au moins avec eux tout est inclus : petit déjeuner / repas / diner, thé, eau minérale, excursions et équipement pour les bivouacs. De plus une partie de l’argent collecté sert a soutenir financièrement les proches des guides, l’une des dernières famille à vivre encore dans le désert. A noter :

  • Si vous partagez votre bivouac avec d’autres personnes, le prix sera réduit en conséquence: 55 JOD pp et 65 JOD pp.
  • Par ailleurs, il n’y a pas de DAB dans la région alors il faudra penser à avoir la somme en liquide sur vous.

Ou dormir après le bivouac?

Comme le village de Rum ne nous avait pas inspiré à notre arrivée, nous avons pris le volant de nuit pour rejoindre le Petra Palace Hôtel et profiter une matinée de plus de ce site grandiose.

>> RETROUVEZ ICI NOTRE ARTICLE SUR LA CITE DE PETRA<<

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Publié par :mytripfab